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Archives pour 30 juillet, 2010

EDUCATION COMME DROIT UNIVERSEL.

EDUCATION COMME DROIT POUR TOUS« Maman a accouché ne signifie pas qu’elle en a fini ». Cette pensée de KI ZERBO montre que l’éducation occupe une place prépondérante dans toutes les sociétés. La jouissance  des autres droits passe par l’éducation. C’est ainsi qu’on arrive à dire que le droit à l’éducation est un droit transversal, interconnecté avec les autres droits. En d’autres termes, quelles sont  les raisons qui montrent que le droit à l’éducation est une passerelle pour les autres droits ? Ce sujet pose le problème de la relation du droit à l’éducation avec les autres droits. Comment  peut-on  appréhender la notion d’éducation, de droit transversal, interconnecté ? En quoi le droit à l’éducation est un droit transversal, interconnecté avec les autres droits ? 

Au cours de notre analyse, nous expliciterons d’une part les notions d’éducation, de droit transversal, interconnecté avec tous les autres droits et d’autre part, nous montrerons la manifestation du droit à l’éducation comme droit transversal, interconnecté avec tous les autres droits en nous appuyant sur quelques domaines de la vie humaine. 

Au sens large du terme, l’éducation est l’action des adultes sur les jeunes pour leur transmettre des connaissances jugées nécessaires et utiles pour une communauté particulière. Elle se définit comme la transmission d’un ensemble de manière de penser, d’agir et de faire d’une génération à une autre. L’objet de l’éducation c’est de faire un être social. C’est dans cette perspective que DURKHEIM a pu dire dans son ouvrage intitulé EDUCATION ET SOCIOLOGIE, 1956, pp71 : « L’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux que réclame de lui la société dans son ensemble et le milieu social auquel il est particulièrement destiné ». 

Au sens strict du terme, l’éducation est l’action d’inculquer des connaissances, des valeurs et des aptitudes par un groupe de professionnels spécialisés que sont les enseignants dans les institues spécialisées que sont les écoles, collèges, lycées et universités. Ainsi pour JOHN DEWEY 1976, la distance entre les capacités des jeunes et les préoccupations des adultes s’élargit de génération en génération. L’action des adultes ne peut plus être directe, les jeunes ne peuvent plus apprendre par imitation et observation directe des adultes. Il faut cependant des agences spécialisées pour assurer la transmission de l’héritage technique et culturel de la société. Sous cet angle, éducation et scolarisation sont devenues une seule et même chose de sorte que lorsqu’on parle d’éducation, on parlera surtout d’éducation scolaire qui est devenue la forme quasi universelle de ce processus de reproduction par la transmission des acquis culturels des différentes générations. 

Vu cette importance de l’éducation au sein de la société, le droit à l’éducation s’impose comme condition sine qua non pour la formation de tout enfant en vu de son intégration sociale. Cet état de fait est reconnu par la charte africaine des droits de l’enfant en son article 11 : «1- Tout enfant a droit à l’éducation ». Le droit à l’éducation est ce droit qui permet aux enfants sans discrimination aucune d’avoir accès aux structures scolaires pour le développement de leurs capacités physiques, intellectuelles et morales. Mais avant tout qu’est-ce qu’un droit transversal, interconnecté avec tous les autres droits ? Quelles en sont les raisons ? 

Un droit transversal est un droit qui conditionne les autres droits. C’est aussi un droit sur lequel sont fondés les autres droits. Considéré comme tel, le droit à l’éducation est donc le socle des autres droits. Ce qui veut dire que les autres droits dérivent de lui. Il est dit transversal, interconnecté avec tous les autres droits parce qu’il prépare l’enfant à la vie active. Aussi, si on se réfère à la pensée de FERNANDEZ et NORDMANN, on voit bien que le droit à l’éducation nous permet de jouir de nos droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels. Le droit à l’éducation est ici donc le passage obligé pour accéder aux autres droits. Mieux on est éduqué, plus on est éclairé sur ses droits. A présent, nous observerons les manifestations de cet état de fait dans quelques domaines de vie. 

Les autres droits découlent de l’éducation. Dans cette lancée, SCHULTZ s’est attaché à démontrer que l’éducation contribue à la croissance du revenu national en améliorant les qualifications et les capacités de la force du travail et affirme qu’un pays incapable de développer les connaissances et les compétences de sa population et d’en faire usage efficacement dans l’économie est incapable de développer quoique se soit d’autre. Dans le même sens, DENISON 1962 attribue le développement économique de l’EX-URSS et le JAPON aux énormes efforts entrepris par ces pays en matière d’éducation. Il s’appuie sur des chiffres pour prouver qu’aux USA, 3/5 et d’avantage même des revenus reposent sur l’élévation du niveau culturel et sur celle de la capacité de production qui en résulte. 

Au plan social, on assiste à un changement de classe sociale, car par l’intermédiaire de l’éducation on peut quitter la classe pauvre pour la classe bourgeoise. Il ya donc une certaine mobilité sociale. Tel fut le cas de BARACK OBAMA, actuel président des USA. De même l’éducation favorise une bonne cohabitation, une coexistence pacifique, l’harmonie en société. A ce titre, une étude mené par CUSTER 1975 à montrer que les personnes instruites sont plus tolérantes que les moins instruites. Or la tolérance au sein de toute société y rend la vie agréable. Quant à HORACE MANN, en 1850 : « L’éducation est la grande égalisatrice des conditions de l’homme, la roue d’équilibre de la machinerie sociale (…) elle fait plus que désarmer les pauvres de leur hostilité envers les riches, elle empêche d’être pauvre ». (Cité par MICHAEL KANTZ éd. School Reform Past and Present Boston : Little Brown, 1971, pp141 in Hurn p87) L’égalité des chances et de mobilité sociale dépendent d’avantage des performances scolaires que de l’origine sociale comme cela a été le cas dans les sociétés anciennes féodales et précapitalistes. 

Au plan culturel, la transmission culturelle des écoles porte sur les connaissances et aptitudes pratiques et sur les valeurs, les normes. Ainsi, pour ROBERT DREEBEN, dans son ouvrage ON WHAT IS LEARNT IN SCHOOL-READING MASSACHUSETTS : Addison-Wesley1968, l’école contribue à l’apprentissage des normes par les élèves en leur indiquant ce que sont ces normes, en les amenant à les accepter a travers un système de sanctions de leurs comportements. Il s’agit des normes permettant aux jeunes de s’intégrer dans la vie sociale moderne, sur le plan économique que social et politique. 

Au plan politique, si on se réfère à la loi 013 /2007, en son article 13, on voit bien que la finalité du système éducatif burkinabé est essentiellement politique en se sens qu’il s’agira de faire du jeune burkinabé un citoyen responsable, producteur et créatif. JEAN JACQUES ROUSSEAU ne ferra pas exception à cette règle. En effet, pour lui, l’éducation a pour but de former d’abord un homme en lui inculquant les valeurs normales qui lui sont nécessaires. Ensuite faire de lui un homme capable de mener un combat avec ses semblables. Pour que ce combat soit effectif, il faut que chaque membre de cette société connaisse ses autres droits à travers le premier droit qu’est l’éducation. Ceci étant, la signature du combat social doit lui permettre de mettre en pratique les autres droits. A titre d’exemple, on peut citer le suffrage universel qui d’ailleurs est l’image du régime démocratique en politique. 

Tous ces exemples montrent bien que le droit à l’éducation est un droit transversal, interconnecté avec les autres droits. 

En somme, l’éducation apparaît comme la transmission des connaissances aux générations futures par des structures appropriées en vu de l’épanouissement intégral de la personne par le développement des différents savoirs. Elle est de se fait, le nœud de tous les autres droits. Le droit à l’éducation est donc un moyen qui favorise le respect de tous les autres droits. Au regard de tout ce qui a été dit, nous reconnaissons qu’effectivement le droit à l’éducation favorise l’accessibilité aux autres droits. Alors, la démocratisation de l’éducation et l’adaptabilité du système éducatif aux attentes des populations s’avèrent nécessaires. Nos gouvernants doivent comprendre qu’il est important d’investir dans l’éducation car la jouissance de ses droits passe d’abord par la connaissance de ses droits et cela y participe au développement de la nation toute entière. 


Auteur :

ouetian

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